vendredi 29 mai 2009

"L'homophobie intériorisée" (1)

"La majorité des homosexuels dans la société actuelle, même s'ils s'acceptent comme tels, portent en eux un conflit existentiel permanent. L'homo­phobie intériorisée n'a pas de fin : elle resurgit, sous différentes formes, tout le long du cycle vital. Elle complique la perception que l'homosexuel a de lui­ même et des autres ; elle colore toutes ses relations interpersonnelles ainsi que son projet de vie et sa vision du monde. Elle constitue probablement la différence subjective la plus importante entre homo­sexuels et hétérosexuels.Le mot « homophobie » signifie peur ou rejet de l'homosexualité. Cette peur peut sembler instinc­tive, comme la peur du feu, mais elle ne l'est pas. Elle constitue plutôt un phénomène culturel qui est loin d'être universel, et qui revêt différentes formes et significations selon le contexte. Dans les socié­tés prémodernes, comme nous l'avons vu, les per­sonnes n'étaient pas classées d'après leurs conduites sexuelles ; il n'y avait donc pas de rejet de l'homosexualité comme telle. Et même de nos jours, dans certains pays l'homophobie s'applique seulement aux hommes, et non aux lesbiennes ; ou seulement aux hommes qui se laissent pénétrer ; ou seulement aux hommes qui s'habillent comme des femmes. En d'autres termes, s'il n'y a pas de défi­nition unique de l'homosexualité, il n'y en a pas non plus de l'homophobie. Sa signification change selon l'époque et le lieu ; il s'agit donc d'un phé­nomène social et culturel. L'homophobie n'est ni instinctive, ni naturelle, ni universelle ... ni inévi­table.
"Marina Castaneda " Comprendre l'homosexualité"

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je crois que j'attends encore le Prince charmant et la Princesse charmante ! Peut-être ai-je à faire le deuil de l'enfance
Nathamsa, mai 2009