mercredi 29 avril 2009

Source (2)

"Il est une question que je me suis souvent posée : qu'est ce qui me fait courir chaque matin vers l'eucharistie depuis tant d'années ? Est-ce le Christ vivant qui m'appelle ou une sorte d'exaltation mystique qui me poursuit ? Serait-ce devenu une habitude comme de manger, boire, dormir ? Quelle est cette douceur qui m'envahit en pensant à l'eucharistie, à la rencontre d'hier et à celle de demain ? Je touche là à une relation d'amour devenue si intime à travers le temps que je n'arriverai jamais à la décrire. Cela ne se passe pas dans la sensibilité - je me méfie de la mienne qui pourrait s'exalter dans le vide -, ni dans l'esprit, mais « à la fine pointe de l'âme », selon l'expression de saint François de Sales. Silence sacré où le relief des choses perd sa fascination, où l'agressivité se transmue en divine douceur, d'où je reviens enfin avec, dans les yeux, les lèvres et le cœur, une joie qui dépasse tout ce que les hommes peuvent m'offrir : paix et joie jaillies d'une source d'éternité."

Soeur Emmanuelle "Confessions d'une religieuse"

Aucun commentaire: