vendredi 7 novembre 2014

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Merci ami...

lundi 27 octobre 2014

mercredi 22 octobre 2014

Non


Au fond, il n’y a que deux voies : accepter ou refuser. Et chacun refuse d’abord. Comment ne pas refuser ce qui refuse de nous satisfaire? Comment ne pas refuser la mort, quand on veut vivre ? La solitude, quand on veut être aimé ? La tristesse, quand on veut le bonheur? Nous vou­drions que le réel satisfasse nos désirs, et nous constatons que ce n’est pas le cas ; alors nous refu­sons le réel. Quel nourrisson ne pleure quand le sein se retire ? Quel homme, quelle femme, quand l’amour s’en va ? Pauvres petits enfants avides et frustrés que nous sommes! Toujours à chercher un sein, à nous y accrocher, quand le monde entier est là et se donne! Il suffirait de lâcher prise, d’accepter le sevrage, la séparation, et c’est ce que nous ne savons pas faire. Quand la vie est décevante (elle l’est toujours pour qui espère), nous pensons que c’est la vie qui a tort. De là ce que Prajnânpad appelle le mental (manas, mind), qui est comme un double du réel (…) que le désir s’invente pour se protéger de l’original. C’est la pensée, en tant qu’elle nous sépare du vrai. C’est le discours intérieur, en tant qu’il nous sépare du réel ou du silence. C’est la vie rêvée, en tant qu’el­le nous sépare de la vie effective et du bonheur. Comme le remarque Michel Hulin, « tout le mal­heur des hommes vient de leur propension à décoller du réel, à s’installer en imagination ailleurs que là où ils sont, en somme de leur inca­pacité congénitale à épouser le contour mouvant des circonstances. » Je dirais volontiers que tout le malheur des hommes vient de l’idéalisme, et d’ailleurs Prajnânpad ne dit guère autre chose. « La réalité face à l’irréalité. La réalité est ce qui est, ce qui arrive. C’est oui. » L’idéal ? Ce n’est que refus et mensonge. Le mental toujours nie : « Ce qui est est recouvert, comme si vous aviez mis quelque chose d’autre à sa place. Alors vous niez, vous refusez, vous dites « non, cela ne devrait pas être… cela devrait être autre chose. » Vous nagez en plein délire. Ce non c’est le mental. Le mental qui vous trahit et qui crée l’illusion. »


André Comte-Sponville « De l’autre côté du désespoir » p56 à 58

mardi 21 octobre 2014

lundi 6 octobre 2014

"Moi, moi, moi..."


Albin De La Simone et Emiliana Torrini


jeudi 2 octobre 2014

vendredi 26 septembre 2014

"L'amour véritable"

"Si vous aimez et qu'on vous demande pourquoi, si vous êtes capables de répondre, "j'aime à cause de sa beauté, de sa position dans la vie, son charme ou son bon caractère"-- en d'autres mots, si vous pouvez donner les raisons pour lesquelles vous aimez -- alors ce n'est pas de l'amour.
Mais si on vous pose cette question et qu'étonné, vous découvrez que vous ne savez pas du tout, que vous ne vous êtes jamais posé la question, que vous aimez, c'est tout... Alors, alors seulement, c'est de l'AMOUR VERITABLE"

Irina Tweedie "L'abîme de feu"

vendredi 22 août 2014

A propos de la fin de vie (3)

« Pleurer ensemble ! Pourquoi diable avons-nous si peur de partager nos émotions ? S’il y a tant de non-dits douloureux, une telle conspiration du silence autour de ceux dont la vie est mena­cée, une conspiration qui les isole à jamais, c’est surtout parce que l’on a peur de pleurer ensem­ble. Or le fait de pleurer ensemble scelle un pacte de non-abandon. Jamais on n’abandonne quelqu’un avec lequel on a partagé une émotion douloureuse. (...)
Pourquoi certaines personnes confrontées à une maladie grave et au pronostic fatal ont-elles tant de mal à être sujets de ce qui leur arrive, à s’approprier cette dernière étape de leur vie, à rester vivantes jusqu’au bout ? Presque toujours parce que ce partage des émo­tions n’est pas possible, parce que les échanges intimes sont gelés dans cette conspiration du silence. La conspiration du silence est un vérita­ble fléau. Elle empêche d’entrer dans l’expé­rience et de la partager. Elle condamne à la soli­tude, elle condamne plus cruellement encore, puisque d’une certaine façon, elle condamne à mourir avant de mourir ».

Marie De Hennezel « Une vie pour se mettre au monde » p165 à 166

samedi 16 août 2014

A propos de la fin de vie (2)

« Sous prétexte que l’humanité traverse des souffrances, certains se donnent tous les droits et, notamment, le droit de trans­gresser. C’est ce qui rend si problématique le droit au suicide que certains veulent légaliser en obligeant la société à aider à sa réalisation. Cette revendication joue avec la transgression en utili­sant certains cas absolument dramatiques. Il règne dans ces débats une atmosphère malsaine, perverse, glauque. On utilise des cas particu­liers pour mettre à bas des principes fondamen­taux et on le fait avec une insistance déran­geante. On veut légitimer une vision du monde désespérée, violente, tragique, purement indivi­dualiste, sans perspectives, sans responsabilités.
On n’a pas le droit de tuer et il n’est pas neutre de se tuer. Il y a tout de même d’autres réponses à la souffrance humaine que le suicide. On fait du mal, on se fait du mal, quand on proclame le contraire. On touche au symbolique. On touche au sens. On hypothèque l’avenir. Un monde qui fait confiance au suicide pour régler les grands problèmes humains est un monde qui a renoncé à lui-même. Nous devons la vie à ceux et à celles  qui ont su dire, comme Nietzsche l’a fait, que la souffrance n’est pas une objection contre la vie.
La vieillesse n’est pas une objection contre la vie. La mort non plus. Ce n’est pas contre la vie qu’il faut objecter, mais contre le désespoir. Il y a une tendance contemporaine à préférer le désespoir à la vie. Cela fait partie de notre nihi­lisme latent. »


Bertrand Vergely « Une vie pour se mettre au monde » p143,144.

vendredi 15 août 2014

"Le non manque"

« La spiritualité ? C'est seulement un autre nom pour désigner l'indépendance et la liberté sous tous leurs aspects. »  Swami Prajnanpad, L’Art de voir

Persuadés que quelque chose d’essentiel nous fait défaut, nous ne réalisons pas que cette conviction même alimente le manque. L’ego, voulant s’approprier les qualités de l'être et n'y parvenant pas, croit qu'il lui faut plus. Il veut avoir la paix, avoir l'amour sans réaliser que c’est lui qui fait la guerre à la réalité présente, jugée insuffisante à ses yeux et que le seul obstacle à la paix et à l’amour, c'est lui.
L'état du cœur doit être pris tel qu'il est, quel qu'il soit, car le point de transformation se trouve précisément là. Quand nous vivons toutes les émotions liées au manque, sans résister, nous cessons d'attendre de l’extérieur (de Dieu et des autres !) puisque notre attention est entièrement dévolue à ce que nous ressentons. Nous découvrons la plénitude précisément là, dans l'instant, plus rien ne restant suspendu au futur, ni attente ni projection. La nostalgie de la plénitude peut nous inciter à chercher cette der­nière désespérément, à supplier Dieu, les sages et les saints pour qu’ils nous l'accordent. « Dès que vous mettez Dieu à l'extérieur et que vous voulez atteindre la divinité, vous oubliez qui vous êtes4. » Alors que si nous acceptons simplement de ressentir plei­nement la nostalgie, celle-ci nous emplit, notre cœur vibre, déborde et l’idée de manque disparaît, car « le sentiment se suffit à lui-même, ne dépend que de lui-même5 ».
Cette expérience nous est possible dès que nous cessons de chercher autre chose que l'état qui est le nôtre dans l'instant. Nous retrouvons, à toutes les étapes de la démarche, la même vérité : l’ouverture du cœur passe par l’acceptation incondition­nelle de l'état émotionnel du moment. L'émotion est le passage obligé, l'émanation du cœur qui demande seulement à être reçue comme telle pour se détendre par l’acceptation et devenir un sen­timent d’unité et d'amour.

Christophe Massin « Souffrir ou aimer » p233 à 234. Chap : Dépendre de soi

jeudi 14 août 2014

« Manque et dépendance »

« Deux ne peuvent rester toujours ensemble, c'est pour­quoi rien ne peut être fondé sur la dépendance. [...] Vous devrez vous séparer de tout ce
qui est extérieur. Telle est la loi de la nature. Ce qui ne peut être séparé, cela seul est réel. »  Swami Prajnanpad, L’ABC d'une sagesse

« Séquelle tenace des carences de l’enfance, le manque repré­sente un obstacle majeur à la joie et à l'amour. Chaque être humain s'y trouve confronté à des degrés divers. Il peut se mani­fester autant sur le plan de l'être que sur celui de l'avoir. Swami Prajnanpad disait que pour se sentir être, l’enfant avait primordialement besoin d’avoir: l'amour reçu lui donne sa colonne ver­tébrale, sa confiance en lui. Nombre d'entre nous n’ont pas eu ou pas suffisamment.
Quand l'attention, la chaleur, la tendresse, la reconnaissance, la protection, le soutien, le cadre, ont manqué dans nos jeunes années, nous attendons de les avoir enfin, voire nous exigeons que la vie répare cette injustice à travers notre partenaire amou­reux. Ce dernier doit nous donner enfin ce que nous n’avons pas reçu et s'il ne répond pas, nous cherchons à nous remplir, à avoir d'une manière ou d'une autre, à rencontrer celui ou celle qui nous donnera enfin.
De plus, la tendance à la répétition nous conduit à choisir des partenaires qui vont reproduire les ingrédients de la situation d'enfance et ne sauront justement pas nous apporter ce que nous recherchons. Avec cette faim inextinguible qui nous ronge, il nous faut avoir plus que ce que nous recevons, beaucoup plus, infini­ment plus, au fond nous voulons un amour sans limites, absolu, inconditionnel. Nous espérons un « oui » sans « non » et rejetons tout ce qui nous apparaît comme une limitation. Les comporte­ments addictifs servent à occulter cette béance intérieure, tout en assouvissant la propension à outrepasser les limites. Là où l'enfant n’avait aucun contrôle pour assouvir son besoin et ne connaissait que sa frustration, l'addiction permet de se remplir, indépendam­ment de quiconque, et sans limites.
Le travail thérapeutique éclaire l’origine de ces manques et aide à les affronter en cessant de s'anesthésier et de fuir. Le manque s’accompagne d'émotions qui sont masquées au départ et qui demandent à être vécues en pleine conscience : le désespoir de la solitude, l'angoisse extrême du vide, la destructivité rageuse de l'impuissance, car c'est en les vivant que nous nous délivrons. De fait, les tourments que le manque inflige à l’enfant engendrent des refus inconscients profonds qu'il faut mettre au jour et dis­soudre.
Nous commençons alors à accepter que la vie nous a privés de dimensions essentielles durant notre développement et que c’est ainsi. La démarche nous conduit également à développer l’amour de nous-mêmes pour nous dégager de ces attentes proje­tées sur les autres. Compte tenu de notre destin individuel, nous portons chacun des figures archétypiques de la mère et du père avec les qualités particulières qu'ils incarnent pour nous - la ten­dresse, la protection, le soutien, l'attention, la force. Nous avons besoin de contacter ces qualités en nous-mêmes pour nous entou­rer d’un amour intelligent. Celui-ci s'ingéniera à créer le contexte nécessaire afin que nous puissions donner le meilleur de nous- mêmes et nous rendre pleinement disponibles aux autres, autant que notre énergie le permet.
Sur la voie spirituelle, on parle souvent de vigilance que cer­tains interprètent comme une forme d’autosurveillance constante. En réalité, vigilance provient étymologiquement de « veiller », pré­cisément ce que font des parents aimants, pour assurer le bien- être de leur enfant. L'autonomie proviendra de la capacité à veiller sur soi, tel un père et telle une mère attentifs, afin que le cœur puisse aimer sans retenue et se sentir joyeux. Dans leur démarche, nous avons vu Ève et Adam cheminer vers ce but, en traversant les obstacles formés de leurs émotions, de leurs convic­tions et de leurs attentes.
Cette autonomie grandissante s'observe spécialement dans la relation de couple. La confiance tissée avec le temps autorise une liberté croissante l'un envers l'autre, pour demander, pour accep­ter ou refuser, pour donner et recevoir, chacun prenant la com­plète responsabilité de lui-même.
Quand les niveaux les plus lourds du manque se sont allégés, un manque plus subtil se manifeste, le manque à être. Nous pres­sentons quelque chose d'étriqué en nous, nous aspirons à plus vaste, plus vivant, plus, plus, plus... Cette fois nous ne voulons plus le recevoir de l'extérieur mais l'avoir en nous. Le sans-limite nous attire et nous recherchons des expériences intérieures qui vont nous le donner. Dans cette quête d'être plus, nous sommes encore animés par le désir d’avoir plus... d'être ! Et nous retrou­vons encore le refus : ce qui est, tel que c’est, ne nous suffit pas - trop ordinaire, trop banal, pas assez intense. Nous voulons mieux et plus. Comme Adam, nous retrouvons alors le tourment du manque qui se projette dans une quête existentielle. Nous butons sur notre prison mentale qui ne sait raisonner qu’en termes d'avoir. L'ego compare et dévalorise la perception de l'état inté­rieur du moment, jugé insuffisant pour le satisfaire. Le trouvant médiocre, il le récuse, ne voyant pas qu'ainsi il se coupe l'accès au cœur. La perte de contact avec le cœur laisse un vide qui génère le sentiment de manque. »

Christophe Massin « Souffrir ou aimer » p231 à 233. Chap Dépendre de soi

dimanche 10 août 2014

A propos de la fin de vie

Quant à la peur de mourir, qui diffère de la peur de la mort, elle est effectivement très pré­sente dans notre monde, et concerne les condi­tions du mourir, plus que la mort elle-même.
C’est d’abord la peur de souffrir, de souf­frances extrêmes non soulagées et peut-être non-soulageables. C’est la peur d’être maintenu en vie au-delà du raisonnable, ce qu’on appelle l’obstination déraisonnable, la peur de mourir avec des tuyaux partout, dans un service de réa­nimation, ou sur un brancard dans les couloirs des urgences. C’est enfin la peur d’être aban­donné, de mourir seul, sans une main amie, une présence aimante à ses côtés.
Ces trois façons de mal mourir correspon­dent à des réalités, dont nous sommes parfois témoins. Nous nous disons alors : plus jamais cela ! C’est d’ailleurs cette peur de mal mourir qui fait le terreau des partisans d’une loi dépéna­lisant l’euthanasie.
Une autre réponse existe face à ces peurs : le développement des soins palliatifs, c’est-à-dire la diffusion de leur savoir-faire et de leur savoir- être dans tous les lieux où l’on meurt, dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, et dans les réseaux de soins à domicile.
Nous avons (…) une loi - la loi Leonetti - qui encadre parfaitement la fin de vie.  Elle répond aux peurs et aux attentes du public puisqu’elle fait obligation aux médecins de soulager les douleurs en fin de vie, avec tous les moyens dont ils disposent, même si ces théra­peutiques écourtent un peu le temps qui reste à vivre. C’est ce qu’on appelle « le double effet », On ne peut donc plus, aujourd’hui, dire que les médecins hésitent à soulager parce qu’ils ont peur de provoquer la mort. Si la mort survient, ce n’est pas parce qu’on l’a provoquée délibéré­ment, mais parce que les antalgiques peuvent entraîner une dépression respiratoire. L’inten­tion qui anime le médecin étant de soulager, et non pas de tuer, ce qu’il fait n’est pas de l’eutha­nasie mais du soin palliatif. C’est une distinction très importante, et que peu de gens ont saisie. Malheureusement, beaucoup trop de personnes meurent encore dans des souffrances mal soula­gées, tout simplement parce que les médecins ne sont pas suffisamment compétents. Les soins palliatifs sont une spécialité à part entière. Cela implique de se former. Or beaucoup trop de praticiens pensent qu’ils font des « soins pallia­tifs » parce qu’ils donnent de la morphine. Ce n’est pas suffisant, et quand on manque de for­mation, le risque est d’en donner trop peu ou au contraire trop, ce qui entraîne une perte de conscience qui n’a pas été voulue par le malade. Quant aux douleurs réfractaires, elles nécessi­tent une compétence encore plus fine. Il faut parfois utiliser la sédation, sortes de minicures de sommeil, pour apaiser les angoisses pro­fondes, et cela exige beaucoup de vigilance et d’accompagnement des familles.
La deuxième obligation de la loi Leonetti est d’interdire l’obstination déraisonnable. Il est illégal de poursuivre des traitements inutiles, disproportionnés et pénibles, lorsqu’on sait que la personne ne peut plus en bénéficier. La loi impose aussi aux médecins et aux établisse­ments de respecter le refus de traitement d’une personne qui dirait : «Je ne veux pas qu’on continue ! » Cela s’applique aussi aux per­sonnes sous respirateur artificiel et qui pour­raient encore vivre longtemps grâce à l’assis­tance d’une machine ; si l’une d’elles dit « stop, je ne veux pas continuer à vivre », le médecin, après avoir consulté l’avis d’un confrère et informé la personne malade des conséquences de son vœu d’arrêter tout traitement, doit s’incliner devant la volonté du malade. De même, une personne très âgée peut refuser qu’on l’alimente par sonde gastrique et qu’on la force ainsi à vivre, quand elle a envie de se laisser glisser dans la mort.
On voit que la loi « Droits des malades et fin de vie » va très loin.  Si elle était bien appli­quée, ce qui est loin d’être encore le cas dans notre pays, elle répondrait à la quasi-totalité des détresses en fin de vie.
Je constate quotidiennement à quel point cette loi est méconnue du grand public, qui réclame déjà une autre loi « pour mourir dans la dignité », alors qu’il ignore les avancées de celle que nous avons.
(…)
 « Tant de gens avant moi ont fait cette expé­rience ! » me disait un homme qui se rassurait ainsi comme il pouvait devant la peur qu’il avait de l’inconnu. Cette peur de l’inconnu est la peur ultime. Bien des personnes prient ou récitent des psaumes dans leurs derniers instants. Elles aiment qu’on prolonge leur prière près d’elles lorsqu’elles n’ont plus la force de murmurer.
Je crois que si nous étions mieux informés de ce que la loi actuelle permet, si nous étions mieux informés de ce que sont les soins palliatifs et de la manière dont se déroulent les fins de vie dans leur cadre, nous aurions bien moins peur de vieil­lir et de nous rapprocher de la mort. Il est infini­ment dommage que, par méconnaissance, les gens, et parmi eux les plus instruits, ceux qui lisent les journaux, les gens cultivés, persistent à penser que seule l’euthanasie peut procurer une mort digne. Comme si le fait de choisir le moment de sa mort, de l’anticiper, constituait un progrès !
Aujourd’hui nous savons tous que le respect de la dignité d’une vie qui prend fin dépend plus de l’application de la loi Leonetti et de la volonté politique de dégager des moyens suffisants pour la faire appliquer, que du vote d’une loi sur  l’euthanasie. Il ne faut pas se tromper de combat.
Car c’est bien celui des moyens qu’il nous faut mener. Et ce combat humain et social doit commencer par un combat sémantique. Il n’est pas acceptable que le mot de dignité soit confis­qué par une association - l’ADMD - qui milite pour le droit de mourir, c’est-à-dire en fait le droit d’obliger autrui à vous donner la mort. La dignité ne peut pas être la bannière de ceux qui font la promotion du suicide. Comment pou­vons-nous accepter que ce mot de dignité soit ainsi détourné ? Pouvons-nous laisser véhiculer l’idée qu’il y aurait des vies indignes d’être vécues ?
Je me souviens du silence de la journaliste, lors d’un tête-à-tête qui m’opposait à Marie Hum­bert, il y a plusieurs années. Madame Humbert développait tranquillement l’idée que des cen­taines de mères de jeunes handicapés, en état végétatif chronique, attendaient une loi qui leur permettrait de demander la mort pour leur enfant. « Ce n’est plus une vie ! » martelait-elle. Lorsque je l’ai confrontée à la gravité de son dis­cours, à l’impact douloureux qu’il ne manque­rait pas d’avoir sur ceux qui vivent dans ces conditions et ceux qui prennent soin d’eux, j’ai eu le sentiment de dire quelque chose de médiatiquement incorrect, car l’heure était à la compas­sion pour le geste qu’elle avait eu  (…) Les choses, néanmoins, com­mencent à changer. Lors d’une émission récente sur Europe 1, Marie Drucker a courageusement confronté un auditeur, dont les mots faisaient froid dans le dos - jugeant indigne la vie en mai­son de retraite de sa belle-mère, il évoquait, sans l’ombre d’un doute, l’euthanasie comme solu­tion -, au regard d’une conception dévoyée de la dignité. Des exemples comme celui-ci sont légion, car la dignité que l’on évoque à tout bout de champ s’est détournée de son sens premier, ontologique, donné par Kant. Elle est devenue une problématique narcissique d’autonomie, de liberté mal comprise, d’image non altérée de soi. Une notion floue, subjective, qui menace les plus vulnérables d’entre nous.
Alors, essayons de changer de point de vue sur les choses. La vieillesse est peut-être ce temps où l’on peut à la fois se dire je suis jeune, j’ai comme un cœur d’enfant prêt à découvrir la nouveauté, prêt à créer, à inventer, et en même temps, je me sens vieille, c’est-à-dire j’ai vécu, je suis chargée de toute une expérience de vie et je vais trouver ma place.

Marie De Hennezel « Une vie pour se mettre au monde » p55 à 62

mercredi 6 août 2014

"Déposer les armes"

Comment accepter la différence de l’autre quand elle s'écarte tellement de ce que j’attendais, quand elle me blesse, s’oppose à mon désir? Je ne peux l'accepter que si j’accepte préa­lablement ma propre différence, qu’elle me plaise ou non. Pas ma différence sur un plan général, mais la différence, là, maintenant : je diffère à la fois de ce que j'étais l'instant d’avant – j’étais bien, je suis mal ; et je diffère de ce qu’est l’autre, comme de ce qu’il attend de moi. Je ne ressens pas à l’identique ce qu’il ressent. je ne cor­responds pas nécessairement à ce qu'il veut. Ce que je suis peut le décevoir et moi-même je peux me décevoir en voyant s’installer en moi des états intérieurs ou des réactions pénibles. Ma propre vérité émotionnelle réclame d'être admise sans discussion, juste parce qu’elle est. L’accepter m’amène à dépasser mes jugements et commentaires. Non, je ne suis pas autrement, je suis ce que je suis.
Quand, enfin, la paix s'installe entre moi et mes émotions, que l’impulsion à réagir retombe, je deviens disponible à la rela­tion. Avant, c’était moi et moi, moi seulement. Maintenant je com­mence à ouvrir les yeux sur l’autre et découvrir à quel point il diffère de ce que j’attends. Moi et l’autre ! Chaque différence que je perçois vient résonner dans ma sensibilité et exciter d’éventuelles réactions. Ma différence se manifeste ainsi à nouveau et demande encore à être acceptée. J’avance, dans cette navette incessante entre ma perception de l’autre et ce qu’elle éveille en moi.
Dans les moments de confrontation, l’autre incarne la menace, au minimum d’une déception et sinon d’une agression. M'ouvrir à lui va à rencontre de mes réflexes archaïques de défense. Je dois me fournir des preuves que je ne vais pas trahir mon propre intérêt, que je suis bien solidaire de moi-même. C’est pour cela que veiller si attentivement à mon ressenti se révèle indispensable, en tant que preuve de l’amour de moi- même. Ainsi, je m’enhardis à laisser la vérité de l’autre me péné­trer, à la découvrir pour ce qu’elle est et non en référence à ce que j'attendrais.
Vient le moment où cette réalité de l’autre m'intéresse, je commence à voir avec ses yeux - ah oui, c’est ainsi qu’il le vit!
L’autre et moi. Je suis toujours là, mais intérieurement je me suis déplacé pour m'asseoir au côté de l'autre et regarder avec son point de vue. Cela m’éclaire. Comme je l'accepte, je le comprends, je rentre dans son monde. Je n’ai pas oublié le mien, alors mainte­nant nous sommes vraiment deux. Sinon, comme le disait Sacha Guitry à propos du couple, je cherche de deux à ne faire qu’un - «le tout étant de savoir lequel!». Je malmène l’autre pour qu’il colle à mon monde, tandis que lui se débat sous cette étreinte autoritaire, et réciproquement. Deux mondes, c’est trop pour moi je n’en supporte qu’un, le mien... Donc nous croyons être deux mais en réalité nous ne le voulons pas, dès que la différence sur­git, nous ne voulons qu’un monde, le nôtre. La différence qui est pourtant la condition même de la relation - si les deux sont confondus la relation disparaît - se présente à nos yeux comme la pierre d’achoppement alors qu'elle en est le fondement.
Plus je sens la différence, plus je sens ma propre existence s'affirmer en parallèle, dans un processus inséparable. La différence me révèle à moi-même, me fait sentir ma vérité. Oui, je suis ceci et tu es cela, une évidence de plus en plus lumineuse. Mon monde s'élargit, devient plus vaste en tolérant d’être bousculé. Les rigidités intérieures se fissurent, les résistances craquent. Après avoir causé la douleur, la différence éclaire, nourrit, renouvelle. En explorant le monde de l’autre, je découvre sous sa forme à lui si différente de la mienne, qu’il aspire comme moi au respect de sa liberté, à la considération, qu'il déteste autant que moi le jugement, qu’il veut lui aussi être reconnu et accepté. Là, je ressens  une unité avec 1ui, je nous sens pétris de la même pâte humaine.
Tenir de  beaux discours sur la différence n’exige pas grands efforts, l’accepter dans la réalité des faits représente un parcours quotidien, sans cesse mis à l’épreuve, et plus encore dans les crises. A travers ce cheminement de fourmi, nous mesurons ces choix qui s'offrent constamment à nous, les défis et les opportunités. Une vie délibérée, riche, intense ne saurait jaillir de la soumission, de la négation de soi ni de la résignation. Elle requiert un choix conscient : est-ce «oui » à ce que je suis, à ce qu’est l’autre ? Je conserve toujours la liberté de me cramponner au refus malgré ce qu’il me coûte.
Accepter l'autre ne signifie pas tolérer n’importe quoi, en aucun cas, Les décisions dans l’action viennent dans un second temps (…)
Ne pas se faire de mal ne consiste pas à s’anesthésier ni à refouler, bien au contraire. Nous sommes pourtant viscéralement persuadés que nous nous aimons nous-mêmes en nous fermant, au désagréable et à la douleur. Non, s’aimer, c’est oser ne pas éviter, ne pas éviter de ressentir ce qui dérange. De même, aimer demande de ne pas éviter l’autre.

Christophe Massin  "Souffrir ou aimer". Chap Vivre pleinement p189 à 191

mardi 5 août 2014

"Subir c'est souffrir"


« Retenons que la souffrance se développe parce que les émo­tions déclenchées par la situation douloureuse sont refusées. C'est la relation avec l'émotion qui doit changer en priorité. Le refus de l’émotion équivaut au non-amour envers soi. Comme je ne me sens pas aimé par la vie, je ne veux plus aimer, ni moi ni le reste, mon cœur se barricade, Aussitôt que mon cœur se ferme, il emprisonne la douleur émotionnelle et elle va l'oppres­ser. La vie, sans le cœur, perd son sel et son sens. Si à ce stade on dit à la personne en souffrance « arrêtez de refuser », elle ne peut l’entendre, cela ne parle qu'à sa tête.
C’est au cœur fermé qu’il faut s'adresser en lui permettant d'extérioriser ce qu'il renferme d’émotions réprimées. La per­sonne a plus besoin d'empathie, d'amour, que d’explications sur son fonctionnement. Le travail va donc se concentrer sur la dimension émotionnelle, pour permettre au cœur de s'alléger et de se rouvrir. Il faut débrouiller l’écheveau complexe d’émotions emmêlées et de pensées négatives qui constituent la souffrance. La mise en cause du refus et la démarche d’acceptation viendront plus tard »

Christophe Massin « Souffrir ou aimer » Chap l’origine de la souffrance p37

vendredi 1 août 2014

"Corps, âme, esprit"*

« L’anthropologie ternaire, tripartite, ou spirituelle, s’oppose radicalement, absolument, à l’anthropologie dualiste. Contrairement à cette dernière, elle affirme que l’homme ne s’épuise nullement dans sa « personne », c’est-à-dire dans son individualité faite seulement de corps et d’âme. Elle se souvient de l’étymologie du mot personne, qui est persona, mot latin désignant le masque de l’acteur de théâtre. Elle s’en souvient parce que la découverte en l’homme d’un 3ème niveau de réalité, celui de l’esprit, fait que l’homme total, l’homme achevé n’est pas plus réductible à sa personne biopsychique, celle construite sous la pression des gènes et de la société, que l’acteur antique ne l’est à son masque.
Reste nonobstant, à faire apercevoir ce que l’esprit signifie. Tâche infiniment délicate puisque Maitre Eckhart, l’un des plus grands spirituels de tous les temps, dira que nul ne comprend ce qu’on dit de l’esprit qui ne le connait déjà. Le grand philosophe indien Shankara disait pour sa part, que l’esprit est « ce devant quoi les mots reculent ». Serions-nous pour autant, nous qui ne le connaissons pas, ou si peu, ou si mal, condamnés à n’en rien découvrir, ni rien dire ? Heureusement non. En effet, bon nombre des hommes ayant fait l’expérience de la 3ème dimension de leur être, ayant fait l’expérience de l’esprit, ont su en parler de manière à en donner quelque idée. (…)
Je n’aime guère donner de définition de l’esprit, car l’esprit est justement en l’homme ce qui ne peut se définir, étant notamment participation à l’infini. Une 1ère définition, même si contestable, aura toutefois l’avantage d’aider à fixer les idées. Elle permettra en outre, d’introduire le fait que l’esprit ne doit pas être conçu comme une pure abstraction. Je dirais, pour l’instant, les choses de la manière suivante :
« Après le corps et l’âme, l’esprit est la 3ème et ultime dimension essentielle de l’être humain.
Son rapport à l’âme est en nombre de points comparable à celui de l’âme au corps, et son
mode de manifestation est l’amour »
A bien des égards, l’esprit peut être considéré à la manière du corps et de l’âme. Car lui aussi est non seulement ouverture et perception mais encore geste et action. Il est ouverture, non sur le monde physique, non sur le monde psychique, mais sur le monde spirituel. Ce monde n’est plus celui des apparences, mais celui des essences, celui des réalités en soi. Celui qui le voit, connait plus clairement la raison des choses, leur origine et leur fin. Cet ordre de réalité n’est accessible, ni par la sensation, ni par l’intellection, mais, disons, par la contemplation. Il n’est autre que cet ordre atemporel, éternel, donc « non local », dont parlent toutes les grandes religions. Mais il faut concevoir ce monde spirituel de manière juste. Il n’est en aucun cas un « au-delà », un « autre monde », que celui dont l’âme et le corps donnent une 1ère intelligence. Il est le même monde, mais perçu et vécu à une autre profondeur.
La langue du catéchisme, les stéréotypes sociaux, ou bien seulement la paresse, nous ont tant habitué à imaginer le monde spirituel au-delà des frontières de ce monde, ou au-delà de la mort, qu’il nous est bien difficile de comprendre qu’il n’est pas autre que le monde actuel. Il est ce monde, mais vu d’une autre manière, et avec d’autres yeux. (…)
Bien qu’il ne soit pas que cela, il est certainement bien venu de concevoir l’esprit comme une nouvelle faculté de perception, une nouvelle faculté de pénétration du réel. Un juste symbole en est l’œil, l’œil intérieur, le 3ème œil. Saint Paul parle joliment des « yeux illuminés du cœur ». Toutefois, on l’a dit, l’esprit n’est pas seulement perceptif. Il est aussi opératif. Il l’est doublement. D’abord parce que son ouverture suscite en celui qui est docile à l’esprit, un être neuf, un être qui maintenant vit et agit de manière différente. Il l’est, enfin, parce que la venue d’un être neuf  suscite toujours dans l’entourage des modifications de comportement et parfois même de profondes réactions.
Concernant la venue et la croissance de l’esprit, donc celles de l’homme spirituel, une question cruciale est alors celle-ci : nous savons bien distinguer le corps et l’âme, mais comment peut-on distinguer l’esprit de l’âme et, par suite, identifier l’être neuf dont nous parlons ?
La question est immense : elle est celle du discernement spirituel, lequel peut, mais dans une certaine mesure seulement, s’enseigner. Paradoxalement, c’est à Jean Piaget, le grand épistémologue et psychologue généticien de Genève, que je dois d’avoir compris qu’il existe une pédagogie spirituelle et qu’il ne peut, au fond, en être autrement. Car les travaux de ce grand savant, à la suite de ceux d’Henri Wallon, l’ont clairement montré : le jeune enfant ne sait pas spontanément différencier les ordres physique et psychique, il ne sait pas d’emblée différencier les réalités extérieures et les représentations mentales. Bien au contraire, il mélange et confond les images fournies par ses sens corporels et celles produites par son imagination. Il doit donc apprendre à les différencier. Or tout démontre qu’il en va exactement de même pour l’adulte à propos des ordres psychique et spirituel. En effet quoi qu’il en ait, ce dernier ne sait pas plus distinguer naturellement les données venant de l’esprit, ou influencées par lui, de celles fournies seulement par l’âme, que le tout jeune enfant ne sait distinguer spontanément ces dernières de celles provenant du corps. Cela nous devons l’apprendre. C’est une évidence, non pas humiliante, mais qui, certainement, doit rendre humble.
D’évidence, la question du discernement spirituel est délicate. Cependant, l’essentiel de ce qu’il y a à savoir ici peut être dit, je crois, brièvement. Car ce discernement obéit à un principe simple, un principe invariable que l’Évangile expose joliment en ces termes :
« Chaque arbre se reconnait à son fruit. Sur les épines on ne cueille certes pas des
figues et sur un buisson on ne vendange pas du raisin » (Lc 6,44)
L’arbre se reconnait donc à son fruit et celui-ci est parfaitement identifiable. Parmi les différentes descriptions de ce fruit qui ont été proposées par les grandes traditions spirituelles, celle qu’en donne l’apôtre Paul, tout en étant concise, est particulièrement suggestive. De plus je la crois exhaustive. Paul écrit dans sa lettre aux Galates :
« Mais le fruit de l’esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, fidélité,
Générosité, humilité, tempérance. »
Certains, découvrant cette énumération, sont extrêmement surpris. Ils ont raison, car, de toute évidence, nous connaissons tous nombre de matérialistes forcenés, de contempteurs systématiques de toute spiritualité, pour aimer leur enfant, être fidèles à leur femme, éprouver de la joie à l’occasion des différents succès, de la paix par beau temps, de la bonté après un bon repas, etc.
Une précision s’impose donc, la liste de Paul désigne, en apparence du moins, aussi bien des qualités psychiques que des qualités spirituelles. Cependant, l’occurrence de l’esprit dans l’âme, lorsqu’elle donne tous les fruits dont elle porte la promesse, provoque une transformation de l’être si profonde que l’on peut légitimement la comparer, ainsi que nous le verrons, à la naissance d’un homme nouveau, d’un « homme spirituel » qui est radicalement différent de l’homme ancien. C’est d’ailleurs le frémissement de ce nouvel être qui, lors de l’expérience de l’émerveillement, provoque la joie que nous connaissons et dont nous savons qu’elle est une caractéristique de cette expérience. Or, en ces termes, la différence qui sépare les vertus signalées par Paul et les qualités psychiques du même nom s’explique simplement.
L’amour dont parle St Paul n’est pas celui du langage ordinaire. Il n’est pas un « sentiment », c’est-à-dire une « sensation du mental », un état affectif provoqué en l’âme par un agent appartenant au milieu extérieur, qu’il s’agisse d’un évènement physique ou psychologique. Cet amour n’est pas un sentiment, un état de l’âme, mais la substance de l’esprit. Il est conscience, volonté et acte. Conscience qu’il n’y a de bien véritable pour l’être humain que dans son achèvement, c’est-à-dire dans sa transformation en homme spirituel. Volonté de tout faire pour faciliter, ou provoquer, cet accomplissement. Et, enfin, mise en acte de cette volonté. Cet amour, qui est donc éprouvé par la personne spirituelle et qui n’est pas à la portée de l’homme ancien, s’adresse à tous les hommes, à l’humanité entière ainsi qu’à soi-même.
La joie et la paix évoquées par Paul sont dites, classiquement, « sans cause ». Entendons : sans cause extérieure. Cette joie et cette paix sont celles qui emplissent le cœur de l’homme lorsqu’il s’ouvre à son être essentiel, lorsqu’il advient à sa dimension spirituelle et qu’il répond ainsi à cet amour dont nous avons dit qu’il est la substance de l’esprit. Quant aux autres vertus et qualités énumérée par St Paul, elles sont d’authentiques signatures de l’esprit, mais à la seule condition d’exprimer cet amour et d’être motivées par lui. Donc dans l’unique mesure où elles où elles sont dispensées afin d’aider autrui à se transformer et s’accomplir, c’est-à-dire encore à réaliser la totalité de son être.
L’amour spirituel s’adresse à l’homme total, à l’homme né à l’esprit, à l’homme achevé. Mais à l’inverse, l’amour peut demeurer uniquement psychique, sentimental. Tel est le cas lorsqu’il est inspiré par l’autre pris dans sa seule substance tissée du corps et d’âme. Ainsi en va-t-il 9 fois sur 10 de l’amour conjugal, de l’amour parental, de l’amour familial, de l’amitié aussi. L’amour psychique n’est pas concerné par l’homme spirituel, il ne le connait pas. Il désire seulement l’adaptation, la conservation et le confort de l’homme naturel. Son origine et sa fin sont d’ordre biologique. La joie et la paix psychiques sont inspirées par cet amour lorsqu’il réalise son objet ». (…)
Michel Fromaget "Naitre et mourir" p56 à 60 Chap : le corps, l'âme et l'esprit.
* Chez M. Fromaget, l'âme désigne la psyché.

lundi 7 juillet 2014

mardi 1 juillet 2014

De l'ombre à la lumière



"Seul celui qui a osé voir que l'enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui. 
C'est le travail sur l'ombre, la traversée de la nuit, qui permettent la montée

                                                              Christiane Singer

jeudi 30 janvier 2014

mardi 14 janvier 2014

vendredi 13 décembre 2013

mercredi 6 novembre 2013

dimanche 13 octobre 2013

vendredi 11 octobre 2013

samedi 5 octobre 2013

jeudi 3 octobre 2013

mardi 1 octobre 2013

samedi 28 septembre 2013

mercredi 25 septembre 2013

mardi 17 septembre 2013

vendredi 13 septembre 2013

mercredi 11 septembre 2013

jeudi 5 septembre 2013

lundi 2 septembre 2013

D'autres images...

Outre la photo, la peinture est une autre activité que je pratique depuis quelques années. En fait, je ne sais pas bien quel nom donner à cette pratique. De la peinture au collage, du collage au montage numérique, de la photo à la manipulation d'image, je cherche et tâtonne.
Voici donc en ligne, quelques unes de ces créations.



lundi 24 juin 2013

Délicatesse

f8 - 1/125 sec. - 138 mm - iso 400

dimanche 26 mai 2013

Tout près

f8 - 1/30 sec. - 35 mm - iso 640

mercredi 22 mai 2013

L'écume des nuages

f8 - 1/8 sec. - 200 mm - iso 50

dimanche 19 mai 2013

A travers le miroir

f18 - 1/20 sec. - 35 mm - iso 1250

vendredi 8 mars 2013

jeudi 7 février 2013

Après l'ombre

f5 - 1/640 sec. - 40 mm - iso 200

lundi 28 janvier 2013

Lignes de vie (5)

f16 - 1/13 sec. - 100 mm - iso 400

samedi 26 janvier 2013

Lignes de vie (4)

f11 - 0.8 sec. - 100 mm - iso 400

jeudi 24 janvier 2013

Lignes de vie (3)

f11 - 0.5 sec. - 100 mm - iso 400

mardi 22 janvier 2013

Lignes de vie (2)

f16 - 1.6 sec. - 100 mm - iso 400

samedi 19 janvier 2013

Lignes de vie

f 3.2 - 1/25 sec. - 70 mm - iso 400

Après une petite pause...

jeudi 23 février 2012

Bulles d'hiver (2)

f10 - 1/1600 sec. - 165 mm - iso 320

Une dernière image pour clore cette série

samedi 18 février 2012

La trace des arbres (3)

f11 - 1/640 sec. - 200 mm - iso 320

jeudi 16 février 2012

Vers la profondeur

f9 - 1/5 sec. - 173 mm - iso 50

mardi 14 février 2012

La trace des arbres (2)

f13 - 1/125 sec. - 100 mm - iso 320